SPORTS et WEB3.0: Intervention Rolland MELET au Forum Sports et Territoires 2014 à Lille

Publié: 2 juin 2014 par rollandmelet dans billet d'humeur, News Récréation urbaine, Parution dans les médias, sports, Urbanisme / Architecture
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Le 21 mai 2014, « j’ai » ,Rolland MELET, été invité par les organisateurs du Forum Sports et Territoires, à présenter l’état de la réflexion en matière d’équipement sportif Web3.0.

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Vous trouverez ci-dessous le contenu et le support de mon intervention.
Restant à votre disposition pour prolonger la réflexion.

Support complet de l’intervention:

Texte de l’intervention:

En préliminaire, je fais appel à votre mansuétude pour les quelques raccourcis et approximations que vous pourrez rencontrer ci-après … mais ce n’est que dans l’unique but de rester audible du plus grand nombre.

Ensuite vous pouvez légitimement vous demander le rapport qu’il y a entre sports urbains, pour lesquels vous me connaissez, et Web3.0.
– les sports urbains ont surqualifié l’espace public, en ajoutant une valeur supplémentaire, une nouvelle fonction, aux éléments de notre espace public. Un banc sert à s’asseoir mais aussi à s’échauffer, d’appui pour sauter ou de support de glissade…
– Le web3.0 à travers l’internet des objets surqualifie les objets du quotidien en les augmentant de services et comportements numériques, qui peuvent évoluer dans le temps.
Ce même banc, en plus des usages précités, peut renseigner sur l’horaire du prochain bus, la localisation des toilettes publiques les plus proches, ou servir à contacter les services d’urgence.

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Pour moi cette démarche de surqualification est similaire.

C’est un lien que j’ai compris en développant la gamme de mobilier urbain BLOCPARC qui est une solution urbaine répondant, et résistant, aux usages et attentes actuels dans l’espace public.


L’Internet des Objets (#IoT) est donc cohérent avec ma première activité : c’est une façon de prolonger la réflexion sur l’espace public, sur l’usage qui en est fait et la façon dont on peut le rendre plus performant au service du citoyen.

Deux exemples pour vous expliquer comment cela fonctionne, peu ou prou, deux scenarii d’activités physiques en extérieur.

Permettez-moi de vous inviter dans un premier temps à partager un peu de défoulement physique dans un des magnifiques parcs de la métropole Lilloise, à la fin d’une journée un peu stressante.

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Arrivant à l’entrée du parc, vous vous asseyez sur un banc pour resserrer vos lacets.
Fin prêt, vous posez votre smartphone sur le banc, ce qui va automatiquement déclencher tout un ensemble de réactions :
Ayant la mémoire de votre activité physique passée, la comparant avec les indications remontant des multiples capteurs que vous aurez sur vous (ex cardiofréquencemètre …) et en tenant compte de paramètres qui vous sont propres (ex : niveau d’ambition …) mais aussi extérieurs (chaleur, humidité, topographie des lieux) votre smartphone va vous proposer un programme avec un itinéraire que vous n’aurez qu’à suivre en vous laissant guider par les informations dans votre casque audio ou apparaissant en surimpression dans vos lunettes.
Bien sûr, sont prévus un certain nombre de points de passage où vous attendent des exercices plus ou moins complexes.
Dans le même temps, vu que le système aura constaté votre niveau de stress, et cherchant à optimiser votre phase d’échauffement, il choisira dans votre playlist la musique la plus appropriée à la situation.
Pour finir, comme la nuit tombe, et ayant repéré votre présence, les lampes à LED éclairant le parcours, s’allumeront suffisamment en amont de votre passage pour que vous puissiez y voir. Et comme elles s’éteindront juste après vous, ce système permet une consommation intelligente de l’électricité, tout en vous offrant un confort plus qu’acceptable.
Arrivé sur le premier point d’exercice matérialisé par un agrès sportif, un arbre ou du mobilier urbain, le système fait l’analyse de vos constantes et décide si vous êtes prêts pour les séries d’exercices de musculation qu’il avait prévu pour vous … ou s’il vous faut continuer l’échauffement en petite foulée, jusqu’à la prochaine station.

Bien sûr vous restez maître de vos choix et de vos décisions, mais un tel système vous permet d’avoir :
– Un coach personnel, qui prend soin de vous en connaissant votre historique et votre état physique
– Une traçabilité et un historique de votre activité
– Un partage de vos performances via les réseaux sociaux (Narcissisme ou vrai challenge?)
– …

Du côté de la collectivité cela permet un éventail d’actions, pour n’en citer que quelques unes :
– Avoir un système d’alerte en cas d’accident sur le site,
– Etre cohérent avec les pratiques actuelles de « sports santé individuel ».
– Faire des économies d’énergie,
– Proposer de nouveaux services : comme de nouveaux itinéraires dans un seul site
– Connaître la fréquentation d’un site par retour de statistiques.
– Générer des revenus permettant de couvrir les frais de fonctionnement.
– …

 

Maintenant partageons une session au skatepark.

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Vous arrivez sur votre skatepark, il est 18h, fin septembre, il fait encore bon … mais il fait sombre.
Vous déverrouillez la porte du locker avec votre smartphone, pour y déposer votre sac.
En faisant ce geste le skatepark vous a reconnu. Comme vous faites partie de l’association locale vous avez la possibilité d’utiliser le skatepark un peu plus tard que les autres et donc la lumière s’allume.
Plus encore la mairie a eu la bonne idée de sonoriser le lieu, comme ça vous pouvez écouter votre musique en ridant, sans gêner les voisins car vous n’avez plus besoin de venir avec vos enceintes Bluetooth, qui ont toujours un son trop aigu. En deux touches sur l’écran vous communiquez votre playlist au site.
Avant de vous élancer, vous posez votre smartphone sur le banc à l’entrée du parc et apparaissent sur l’écran les dernières infos du site, tout va bien il a été nettoyé vers 16h donc pas de crainte d’avoir des gravillons, ou autres petits gratons, qui bloquent les roues et qui sont si dangereux pour vous.
Après quelques lignes d’échauffement vous posez votre smartphone sur le gros ledge et là vous découvrez, photo à l’appui, que votre collègue Dimitri, y a rentré, ce matin, un crook « trop stylé ». Rien de tel pour donner la motivation.
Et ce soir c’est magique non seulement après plusieurs essais vous aussi vous finissez par le rentrer mais vous le réussissez en switch !
Pour immortaliser l’action vous vous faites filmez et vous postez directement la vidéo sur youtube, les suivants devront faire mieux … ou différent.
Finalement votre session se fait dans un environnement intelligent, qui vous reconnaît, vous permet de rouler dans de bonnes conditions de sécurité et de confort, sans gêner le voisinage.
Au travers de ces partages d’expérience et de tous les services numériques déjà communs pour la plupart des « Digitals natives* » comme vous, ce skatepark en plus d’être un bon spot, solutionne beaucoup de problématiques liées aux équipements de proximité en accès libre. * personnes nées à l’ère du digital

Pour la collectivité le bénéfice n’est pas négligeable, cela permet :
– D’avoir une vue statistique de l’utilisation d’un équipement en accès libre.
– D’avoir un moyen aisé et simple de contrôler et de commander des services tel que l’éclairage public et la sonorisation.
– D’avoir son canal d’information propre lui permettant de communiquer avec les utilisateurs sans passer par un tiers,
– Une sécurisation des lieux,
– Des revenus en échange de nouveaux services,
– …

Alors c’est vrai que ce que je viens de vous décrire maintenant, vous a peut-être apparu comme surprenant, pourtant ce n’est pas de la science-fiction.
C’est tout juste la réalité de demain, et même déjà celle d’aujourd’hui sur beaucoup de points.

Les choses évoluent très rapidement.

Rappelez-vous il y a 8 ans, en 2006 à Grenoble vous m’aviez invité à vous parler des tendances et des évolutions des espaces de glisses urbaines.
C’était hier … et pourtant à cette époque Twitter n’existait pas encore, le moteur de recherche à la mode s’appelait Lycos, yahoo ou AltaVista (et pas Google), FaceBook et Youtube avaient tout juste 2 ans.
Et le plus surprenant quand on y pense … c’est que les smartphones n’existaient pas non plus : le premier iPhone date de 2007.

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Qui pourrait le croire?

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais tout autour de nous devient intelligent …. ou plutôt « SMART »
les téléphones sont devenu des SMARTphones, pour faire plus que téléphoner.
Les montres deviennent des SMARTwatches, pour nous donner plus que l’heure.
Les villes des SMARTcities, pour offrir un meilleurs service à la population, notamment grâce une meilleure gestion des données.
Les réseaux deviennent SMARTgrids dans le but de faire des économies d’énergie.
Nous entrons de plain-pied dans le SMART.

Plus simplement, nous entrons dans une ère que je qualifierai « d’intelligence ambiante » où notre environnement va devenir plus malin.
En tout ça, c’est la promesse du web 3.0 et principalement de l’internet des objets ( IoT) qui est une de ses composantes principales au côté de la Big Data et du Web sémantique.

Pour mémoire, il y a eu l’internet (1.0 du fait de l’apparition de la suite) qui a relié les ordinateurs les uns avec les autres. A suivi avec les Blogs, les Forums et les réseaux sociaux de tous poils, le Web 2.0 qui a relié les hommes entre eux.

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Je crois que de ce point de vue les choses sont pas mal réussies.
Maintenant, le pas d’après est l’internet des objets qui consiste « simplement » à relier, et faire interagir, les « objets » du quotidien, dans une acception très large, entre eux et/ou avec l’homme, dans un but de service, d’ergonomie, de traçabilité, d’information ….

Cette « intelligence ambiante » comment fonctionne-t-elle ?

Principalement il s’agit  :

  • De considérer un objet, un équipement, un site, et de « l’augmenter » d’un service rendu possible par la microélectronique et le numérique : capteurs et informations.
  • D’y ajouter une capacité d’analyse : embarquée, déportée sur un smartphone ou dans le cloud.
  • Et de finir par une capacité de restitution : une led, un écran embarqué, celui d’un smartphone, ou la capacité d’interagir avec l’environnement : lumière, ouverture de porte, sonorisation … une sorte de domotique urbaine.

Le fait nouveau, qui a accéléré les choses, est cette interface fluide homme / objet, rendue possible par la popularisation des technologies sans contact.
L’une d’entre elles est le NFC, qui est celle que j’ai mise en œuvre dans le mobilier urbain BLOCPARC3.0.
Technologie support des cartes de crédit sans contact, le NFC permet de créer l’équivalent d’un hyperlien entre un objet du monde physique et l’univers numérique. Cela, juste en touchant la surface d’un objet avec son smartphone.

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Quel impact cela a, et aura sur la ville, et sur ses équipements sportifs ? Que ceux-ci soient en accès libre ou pas, de pratique conventionnelle ou nouvelle ?

Les enjeux sont multiples mais pour faire simple considérons qu’il y a deux aspects : un politique et un technique.

Pour ce qui est du politique.
Au niveau local, les questions sont :
– Quels servicses peut-on proposer aux usagers de demain ?
– Ne peut-on pas profiter aussi de cette ressource, aussi minime soit-elle ?
– Question centrale : savoir si la collectivité veut garder la main sur son espace et sa communication ? Ou si elle la confie à Google, yelp ou autre Facebook.
Ce n’est ni plus ni moins que la question de l’intermédiation avec la population: qui communique vers elle ?
Et comment le citoyen interagit avec son environnement de vie.

Au niveau national, c’est une problématique encore plus vaste qui est posée : celle de l’innovation responsable, avec la question sous-jacente de « où est la limite entre collecte de données à des fins d’ergonomie et où commence la surveillance à travers les informations qui remontent de tous ces capteurs ».

Pour ce qui est du territorial.
La problématique, plus pragmatique prend deux formes :
– Penser l’extension du service que rend l’équipement à son service numérique.
Ce qui veut dire que l’équipement doit être pensé dans ce sens et « interconnecté » avec les autres services. La nouveauté est peut être que cela implique une plus grande transversalité dans l’action des services : sports, communication, IT, tourisme …
Si cela n’est pas mis en œuvre le risque est grand d’avoir un patchwork sans cohérence.
– Penser l’intégration des technologies dès l’origine pour permettre l’interface avec l’homme ou l’interaction avec d’autres équipements.
Des solutions d’ «augmentation » de l’existant sont possibles, mais il est toujours plus propre de prévoir l’interrupteur dans le mur plutôt que de le coller en applique sur le mur avec, dans le meilleur des cas, une goulette qui dissimule les câbles.

En conclusion je vous dirai « bienvenu dans le 3.0 » et je vous remercie de votre écoute.

RollandMELET
rolland.melet@recreation-urbaine.com

Un grand merci à toute l’équipe de Sports et Territoire et à Lille Métropole pour l’accueil chaleureux

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